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Ouverture de la Maison Ousmane Sow à Dakar

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 Le 5 Mai 2018,  lors de la   Biennale de Dakar, s’est ouverte à Dakar la Maison Ousmane Sow  où sont présentées les oeuvres de l’artiste disparu le 1° Décembre 2016 : séries africaines, série en hommage au grands hommes qui marquèrent sa vie, petites sculptures Nouba et oeuvres inachevées.

Cette maison qu’il habita jusqu’à son décès, Ousmane Sow l’avait baptisée Le Sphinx car elle était pour lui la préfiguration de la série qu’il imaginait sur les Egyptiens. Tête, bras et dos du Sphinx sont représentés symboliquement en une architecture résolument contemporaine qu’il avait conçue sur maquette, comme une sculpture, comme une oeuvre à part entière.

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C’était en 1991. La maison sera terminée en 1999, date à laquelle il achève la création de La bataille de Little Big Horn. Cette série compte trente-cinq pièces qui seront exposées sur la corniche à Dakar avant de rejoindre, sur le Pont des Arts à Paris, les séries africaines pour une rétrospective qui accueillera trois millions de visiteurs.

Pendant la création de cette série, il fabrique à pleines mains les carreaux de sa maison et en recouvre les murs avec la même matière que celle de ses sculptures.

C’est dire s’il y a parfaite adéquation entre les oeuvres et cette maison qui pourrait bien rejoindre l’inventaire des maisons légendaires à travers le monde.

Les visiteurs circulent librement  à travers un dédale de pièces bordées de vérandas, à la découverte des oeuvres, des souvenirs et de l’atelier laissé tel quel au départ de l’artiste.OEUVRES INACHEVEES S

Selon le désir d’Ousmane Sow pour le musée qu’il appelait de ses voeux, les salles portent les noms de ses amis : Mustapha Dimé, Boris Dolto, Julien Jouga, Ndary Lo, Iba Mbaye et Gérard Senac.

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EXPOSITION: DANS L’UNIVERS D’OUSMANE SOW

C’est au magnifique siège de Eiffage Sénégal qu’une installation photo video signée Béatrice Soulé et destinée  à immerger le visiteur dans l’univers d’Ousmane Sow. fait écho à l’ouverture de la Maison Ousmane Sow. 

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Une cinquantaine de photographies imbriquées dans des carreaux multicolores répondent aux images de la maison en gestation et de l’artiste filmé dans l’intimité de son atelier pendant la création de La bataille de Little Big Horn : un an de travail sur onze chevaux et vingt cinq personnages…

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Bruits de mer et de vents, chants d’oiseaux et rumeur des avions, sons d’ atelier, percussions et flûtes lancinantes accompagnent le spectacle hallucinatoire de l’artiste au cœur de sa création

Cette installation a été créée en juillet 2007 à Arles, à la Chapelle du Méjean, avec Actes Sud, à l’occasion des Rencontres de la photographie.

Deux pièces de la série La bataille de Little Horn  sont présentes au centre de l’exposition : Le cavalier désarçonné  et  L’indien blessé .

La seconde maison de l’artiste

Parce que ce siège de Eiffage fut sa seconde maison, et parce qu’un lien d’amitié indéfectible unissait son Président Gérard Senac et Ousmane Sow,  une autre exposition retrace  l’historique entre la société et l’artiste: présentation en avant première de la sculpture du Général de Gaulle et de l’Homme et l’enfant, découverte du livre pour enfants Même Ousmane Sow a été petit, création du trophée intitulé Le Marathonien pour le premier Marathon de Dakar initié par l’entreprise, et exposition de la série Petits Nouba, sa dernière exposition.

Gérard Sénac fut également Président de l’Association des Amis de l’Epée pour l’intronisation d’Ousmane Sow à l’Académie des Beaux Arts.

DES PARTENAIRES LIÉS A SON HISTOIRE

Les partenaires qui présideront à la naissance de cette maison ont un sens, car ils sont tous liés à l’histoire d’Ousmane Sow :

- Eiffage dont le siège était devenu une deuxième maison pour l’artiste qui y présenta ses créations à partir de Janvier 1999, date à laquelle l’entreprise avait accompagné sur la corniche de Dakar l’exposition réalisée en avant première de celle du Pont des Arts.

- Air France qui contribua à la réussite de l’exposition du Pont des Arts en permettant l’organisation d’un voyage de presse à Dakar pour cette avant première, voyage largement couvert par RFI, chaîne favorite de l’artiste, et partenaire également de cette nouvelle aventure.

- L’ADAGP, Société des Auteurs dans les Arts Graphiques et Plastiques, dont Ousmane est membre depuis qu’il sculpte et la CISAC (Confédération Internationale des Sociétés d’Auteurs et Compositeurs) dont il était un Vice Président particulièrement motivé pour la défense du droit d’auteur et particulièrement du droit de suite.

- L’Institut de France, autrefois nommé Centre Culturel Français, qui accueillit sa première exposition et orchestra au printemps dernier un magnifique hommage international à l’artiste.

- La CSE (Compagnie Sahélienne d’Entreprises), dont le Président, son ami Alioune Sow, décéda un an après Ousmane Sow, et dont les enfants respectifs prolongent ainsi la relation.

OUSMANE SOW – BIOGRAPHIE

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« Avec l’irruption de ses Nouba au milieu des années 80, Ousmane Sow replace l’âme au corps de la sculpture, et l’Afrique au cœur de l’Europe ».

Tout est dit dans ces mots d’ Emmanuel Daydé, co-commissaire avec Béatrice Soulé, de l’exposition d’Ousmane Sow sur le Pont des Arts à Paris.

Sa carrière d’artiste fut en effet aussi courte que fulgurante. Mais sans doute doit-on à son passé de sculpteur anonyme et secret, dont il détruisit toute trace, l’éclatante maturité artistique dont firent preuve les oeuvres qu’il n’accepta de montrer pour la première fois qu’à l’âge de cinquante ans : les Nouba. Elles furent aussitôt reconnues et sont aujourd’hui emblématiques de son travail. Présentés en 1987 au Centre Culturel Français de Dakar, le Nouba assis et le Nouba debout sont exposés dès 1992 à la Documenta de Kassel, et en 1995 à la Biennale de Venise .

 Suivra la naissance de trois séries africaines: les Masaï, les Zoulou, les Peulh.

C’est seulement dix ans plus tard qu’il entreprend la création de la série Petits Nouba, estimant n’avoir pas abouti la série Nouba de 1984 et souhaitant y ajouter quelques thèmes.

 Sculptant la plupart du temps des hommes en action, Ousmane Sow fait de la lutte la métaphore et le lieu même de son travail.

S’attachant à représenter l’homme, l’artiste travaille par séries et s’intéresse aux ethnies d’Afrique puis d’Amérique, et puise son inspiration aussi bien dans la photographie que dans le cinéma, l’histoire ou l’ethnologie.

En 1999, à Paris, sur le Pont des Arts, entre le Louvre et l’Académie, s’installent en majesté les séries africaines mais aussi la Bataille de Little Big Horn qui vient de naître. Un acte fort pour la reconnaissance de son œuvre, mais aussi une fierté pour l’Afrique, ce continent auquel il pense en acceptant la proposition d’entrer sous la Coupole.

Comment Ousmane Sow aurait-il pu imaginer alors que, quatorze ans plus tard, il traverserait le Quai Conti pour faire son entrée à l’Académie des Beaux-Arts ? Et qu’il serait le premier noir à intégrer cette institution, lui qui fit ses début en sculpture à l’école primaire de Rebeuss, et dont la première œuvre fut celle d’un petit marin taillé dans du calcaire et exposée sur l’armoire de l’école. Il ne cessa de sculpter depuis, tout en pratiquant à l’âge adulte son métier de kinésithérapeute, transformant, la nuit ou entre deux clients, ses cabinets successifs en ateliers de sculpture. Y réalisant des films d’animation, avec une caméra Pathé à manivelle, à partir de petites sculptures animées.

Il restera hanté jusqu’à son décès par ces sculptures animées sur lesquelles il travaillait les derniers temps avec passion, tournant toujours autour du même visage, celui de l’Empereur fou .

 Pour son intronisation à l’Académie des Beaux-Arts, le couturier Azedine Alaïa lui offre la création de son costume, et Ousmane Sow réalise lui même la sculpture du pommeau de son épée: le saut dans le vide, en mémoire du jour où il décida d’arrêter son métier de kinésithérapeute pour se consacrer entièrement à la sculpture.

Il avait auparavant sculpté le pommeau de l’épée de Jean-Christophe Rufin, représentant Colombe, personnage emblématique de Rouge Brésil, roman de cet auteur et ami devenu académicien cinq ans plus tôt.

 Entre temps, Ousmane Sow s’essaye à la réalisation de bronzes, qui finit par le passionner, et pour lesquels il trouve une signature personnelle à travers leurs patines parfois très colorées. Virent le jour plus de soixante bronzes, grands et petits.

 Cinq grands bronzes sont installés dans des villes de France, à Besançon, à Versailles, à Angers, à La Rochelle (Victor Hugo, Le Général de Gaulle, L’homme et l’enfant, Le Guerrier debout, et Toussaint Louverture), l’ un est installé à Genève (L’Immigré) et un autre verra bientôt le jour à Paris. Tous font partie de la série des grands hommes, intitulée Merci, qui compte en son sein également Nelson Mandela et le propre père de l’artiste, Moctar Sow.

 Une autre et plus ancienne effigie de Toussaint Louverture a été acquise par le Museum of African Art de la prestigieuse institution du Smithsonian à Washington.